Valoriser les entreprises socialement responsables
Valoriser les entreprises socialement responsable
Bientôt un site Internet pour valoriser les entreprises socialement responsables
Xavier Darcos, ministre du Travail, vient de confier à l’Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises (ORSE) la conception et la gestion d’un site Internet qui recensera les meilleures pratiques sociales des entreprises et qui devra être mis en ligne avant l’été...Â
Pas question de susciter la polémique, comme lors du retrait au bout de 24 heures des listes orange et rouge qui désignaient sur le site Internet du ministère du Travail les entreprises de plus de 1 000 salariés en retard sur les questions de prévention du stress au travail... Xavier Darcos entend cette fois favoriser l’exemplarité des entreprises en matière sociale. « Une plus grande transparence en la matière ne peut que créer une émulation renforcée entre les acteurs économiques et sociaux et favoriser une élévation dans le progrès des conditions de travail et d’emploi », écrit le ministre dans sa lettre de mission à l’Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises (ORSE), chargé de mettre en Å“uvre le site Internet. Avant d’ajouter : « Le nommer et blâmer peut aussi être complété utilement par le nommer et célébrer. Il ne s’agit pas pour les pouvoirs publics de porter un jugement de valeur sur la politique de telle ou telle entreprise, il s’agit de soutenir l’organisation d’une transparence qui permettra à chacun d’identifier des pratiques d’excellence sociale. »Â
L’ORSE, qui doit rendre son rapport en avril, avec un objectif de mise en ligne avant l’été, s’est déjà mis au travail. « Le principal enjeu sera de recueillir l’assentiment de tous les acteurs impliqués : les entreprises, les organisations professionnelles et les syndicats, souligne François Fatoux, délégué général de l’ORSE. Nous avons également identifié dix conditions de réussite pour le projet. Les entreprises qui souhaiteront renseigner leurs informations le feront sur la base du volontariat. Il n’y aura donc pas d’intervention réglementaire ou législative pour les obliger à le faire. La démarche ne devra pas non plus générer de coûts et de charges de travail supplémentaires. Les entreprises pourront donc valoriser des informations existantes. La réussite de ce projet passe aussi par le soutien des syndicats et des organisations professionnelles qui devront inciter leurs membres à jouer le jeu. Enfin, comme tout projet expérimental, il devra être simple, souple et évolutif pour permettre des ajustements. »Â
Un mix d’éléments quantitatifs et qualitatifsÂ
Pour que le site ne reste pas une coquille vide, l’ORSE entend activer plusieurs leviers. « Il nous faudra d’abord démontrer aux grandes entreprises que leur présence sur le site leur permettra de s’inscrire dans une démarche de benchmark et qu’elles pourront apprendre des autres, détaille François Fatoux. Nous devrons également convaincre les organisations professionnelles que cet outil leur sera précieux pour suivre les démarches de progrès initiées par leurs adhérents. Certaines fédérations commencent d’ailleurs à mettre en place des outils de suivi, je pense notamment aux fédérations des Entreprises de propreté et services ou de l’Aviation marchande. La troisième piste que nous explorons est celle de la mobilisation des donneurs d’ordre. Pour travailler régulièrement avec les directions achats des grands groupes, on sait qu’elles sollicitent régulièrement leurs fournisseurs afin de connaître leurs pratiques en matière de politique sociale et environnementale. L’objectif sera donc de les inciter à utiliser le site comme un outil de suivi de l’activité de leurs fournisseurs. »Â
S’il est encore trop tôt pour décrire par le menu le contenu du site, celui-ci comprendra probablement un mix d’éléments qualitatifs et quantitatifs. « On ne sait pas encore si l’on traitera l’ensemble des enjeux RH ou si l’on se focalisera sur certaines thématiques, précise François Fatoux. On ne sait pas non plus si on abordera ces thèmes avec les éléments normatifs, les bonnes pratiques, ou les process qui composent les démarches de négociation ou d’engagement volontaire des entreprises. Certaines bonnes pratiques sont notamment formalisées dans le cadre d’accords d’entreprise. Le site pourrait très bien les diffuser, comme on le fait déjà à l’ORSE pour les accords d’entreprise concernant l’égalité entre les hommes et les femmes. Cette base de données qui existe depuis cinq ans est aujourd’hui très appréciée par tous les acteurs. Nous devrons également veiller, pour être crédible, à ce que le site ne raconte pas que de belles histoires. »Â
Yves RivoalÂ
http://www.focusrh.com


