Focus sur les sites d'évaluation des entreprises
Focus sur les sites d'évaluation des entreprises
Publié le 02/06/2010
Depuis quelques années, les sites de notation des entreprises par leurs propres salariés fleurissent sur la Toile. Simple effet de mode ou véritable outil d’informations pour les candidats et de sourcing pour les recruteurs ? A vous de juger…
Ils s’appellent notetonentreprise.com, cotetaboite.com, nosentreprises.com, opentojob.com, meetingjob.fr ou encore jobfact.com. Leur principe est vieux comme le monde et a priori séduisant. Comme on consulte une critique avant d’aller voir un film ou d’acheter un livre, ces sites proposent tout simplement de vous faire une opinion sur une entreprise en fonction du regard porté par ceux qui y travaillent au quotidien.
« Les sites de notation ont un triple intérêt, détaille Julien Recoing, président et fondateur de Jobfact.com. Ils permettent d’abord de savoir où l’on met les pieds lorsque l’on change d’employeur. Et dans un monde où le temps de parole est occupé à plus de 90 % par la communication des entreprises, ils offrent aussi aux salariés un moyen de s’exprimer sur leur réalité, sur les choses qu’ils souhaiteraient voir changer. Grâce à ces données collectées, nous sommes en mesure de fournir aux entreprises des informations sur leur réputation qui vont les aider à améliorer leurs politiques RH. »
Anonymat garanti…
L’évaluation porte généralement sur les conditions de travail et le salaire, comme le confirme Julien Recoing : « Sur Jobfact, les salariés doivent répondre à 18 questions fermées sur les principes fondamentaux qui gouvernent les politiques RH comme l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, l’autonomie, les perspectives d’évolution, le management, le développement des compétences... Ils doivent également répondre à deux questions ouvertes sur les aspects positifs et négatifs de leur entreprise. Ils ont enfin la possibilité de donner leur avis sur le top management. »
Tous les sites garantissent l’anonymat des contributions. Un anonymat qui interpelle sur la fiabilité des évaluations, surtout lorsqu’elles fleurent bon le discours officiel ou, a contrario, le règlement de comptes. « Notre objectif n’est pas de vanter les mérites d’une entreprise, ni de dénoncer ou montrer du doigt, c’est de proposer une approche constructive, souligne Julien Recoing. Sur Jobfact, tous les contenus sont modérés a priori, et pour être diffusé, il faut respecter des règles de base comme éviter le dénigrement ou les insultes. Il faut en outre que les évaluations soient équilibrées, avec des points positifs et négatifs. »
Un outil de sourcing pour les entreprises…
Problème, pour que ces évaluations soient représentatives, il faut beaucoup de contributions et d’entreprises évaluées. Un simple test de recherche effectué sur de très grandes entreprises permet de s’apercevoir que ce n’est pas le cas chez tout le monde. Quand Notetonentreprise.com revendique 5 600 entreprises notées et 17 000 notations d’employés, Jobfact.com annonce lui 120 000 membres et 35 000 entreprises évaluées. « Notre service de statistique ne deviendra véritablement probant que dans un an et demi, date à laquelle nous devrions générer des volumes importants, reconnait Julien Recoing. Cette contrainte me laisse d’ailleurs à penser qu’il ne pourra pas y avoir une multiplication des plates-formes. Je pense même qu’à termes, il ne restera plus qu’un acteur référent sur ce marché. »
La lutte s’annonce donc serrée entre ces sites qui, pour la plupart, ne se contentent pas de proposer l’évaluation des entreprises. Quand Opentojob.com et Meetingjob.com diffusent quelques offres d’emploi, Jobfact propose lui en plus un outil de sourcing qui permet aux recruteurs de cibler très précisément les candidats. « Les recruteurs peuvent en effet publier leurs offres d’emploi auprès d’une population qu’ils ont choisie au préalable, un peu comme un chasseur de tête. Nous allons également commercialiser auprès des entreprises évaluées et des cabinets de recrutement la publication de nos données statistiques sur leur e-réputation afin qu’elles puissent faire évoluer leurs politiques RH », conclut Julien Recoing.
Yves Rivoal


