Quels sont les métiers d’avenir?
Chronique vendredi30 octobre 2009
Par Grégoire Evéquoz*
Quels sont les métiers d’avenir? C’est la question certainement la plus fréquemment posée dans les services d’orientation, notamment de la part des parents. Derrière cette interrogation, c’est bien sûr celle des débouchés qui préoccupe celles et ceux qui doivent aider les jeunes à s’orienter. Or, répondre à cette question sans hésitation reviendrait à occulter le fait que la conjoncture peut très vite changer et que, dans les cinq prochaines années, plusieurs cycles économiques peuvent avoir lieu.
Personne ne peut dire si dans trois ans le secteur de la banque ou de la finance embauchera ou pas. Il est en revanche utile pour tous ceux qui sont concernés par l’éducation, la formation, les ressources humaines de s’interroger sur ce que sera le travail demain – d’ici vingt ans –, sur la place de la formation initiale, de la formation continue, sur les compétences clés qui seront indispensables, et cela indépendamment des différents secteurs économiques dans lesquels elles s’exercent.Ce qui relève désormais de la certitude, c’est que le travail s’achemine vers une plus grande complexité et qu’existera de plus en plus la nécessité d’une formation initiale pour trouver un premier emploi. D’une part, plus cette formation sera exigeante, meilleures seront les chances de pouvoir s’adapter aux multiples changements et contraintes. D’autre part, les filières vont se diversifier et il sera possible d’atteindre un haut niveau d’employabilité par des voies très diverses; on en voit déjà les prémices aujourd’hui à travers la mise en place de dispositif de passerelles.
Si la formation initiale et sa réussite constituent encore une base de l’employabilité de demain, la formation continue le sera presque autant. Selon les experts, près de 80% des connaissances indispensables aujourd’hui à l’exercice de la plupart des professions ne le seront plus dans dix ans. Il n’y aura donc plus de rente de savoirs et la formation tout au long de sa vie deviendra une composante indispensable du travail lui-même. Les métiers d’avenir seront ceux où l’on se formera en permanence. C’est utile de le savoir au moment de faire un choix.
Mais ce ne sera pas encore suffisant. L’emploi de demain sera plurilingue, pluriculturel, multisites. Avec la globalisation, les échanges, le développement des technologies de l’information et de la communication, impensable d’imaginer travailler, vivre, s’informer sur la base d’une seule langue… et dans une seule région, tout au long de sa carrière. En découle donc la nécessité de voyager, de connaître, de s’adapter à d’autres cultures, de maîtriser d’autres langues.
Enfin, le travail de demain sera hautement technologique et toutes les tâches répétitives pourront sans doute être assurées par des machines. Ainsi, la valeur humaine ajoutée résidera dans la capacité des individus à faire face aux événements, aux imprévus, à l’adaptation permanente, à la flexibilité d’analyse, à la gestion des incertitudes et à tout ce qui échappe à la cyber intelligence.
Tous ces éléments seront constitutifs des emplois de demain. La meilleure manière de s’y préparer, c’est de progressivement les prendre en compte en n’oubliant jamais que les occasions d’emplois se présentent lorsque l’on est prêt à les saisir.
* Directeur général de l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue, à Genève,
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