Formation continue: une réforme pour pas grand-chose
Formation continue: une réforme pour pas grand-chose
Alternatives Economiques n° 291 - mai 2010
Le dispositif français de formation professionnelle continue, qui coûte 27 milliards d'euros par an, était fortement critiqué pour sa faible efficacité. Le gouvernement a donc fait pression sur les partenaires sociaux pour qu'ils négocient un nouvel accord, transposé en loi dans la foulée. Deux spécialistes, Jean-Marie Luttringer et Jean-Pierre Willems, ont analysé le résultat final et se montrent sceptiques (1).
Le droit individuel à la formation (DIF) aurait dû être le pivot de cette réforme, en permettant à chacun d'acquérir des droits à la formation attachés à sa personne quels que soient ses aléas professionnels, ce qui ouvrait la possibilité d'une formation pour les plus précaires. Mais le DIF continue de ne bénéficier que d'une "transférabilité" très réduite et compliquée pour le salarié concerné.
Certes, un fonds paritaire de sécurisation des parcours a été mis en place, destiné à permettre aux travailleurs au chômage de bénéficier d'une meilleure formation en vue de leur reconversion. Mais la taxe qui le finance vient s'ajouter aux cotisations antérieures, au lieu de s'y substituer en partie. Et comme il s'agit d'une taxe, il va falloir monter une usine à gaz pour permettre aux partenaires sociaux de le gérer paritairement. Le résultat est que l'on complique encore davantage des choses déjà très compliquées. Voilà qui jette un doute sur l'intérêt de confier aux partenaires sociaux le soin de bâtir le droit social, concluent-ils.
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1) Voir "La loi du 24 novembre 2009 relative à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie", Droit social, avril 2009.


