STRESS au TRAVAIL : Augmentation de 40% du risque cardiaque chez les femmes
Les femmes qui déclarent éprouver un stress élevé au travail ont un risque accru de 40% de maladies cardio-vasculaires, comparativement à celles dont le stress est faible, selon l’étude présentée au Congrès 2010 de l'American Heart Association Scientific. Insécurité de l’emploi ou stress liée à l’exigence de résultats pourraient accroître jusqu’à 88% le risque de crise cardiaque chez les femmes. Le stress au travail doit donc, selon les auteurs est pris pleinement en compte dans les politiques de prévention des maladies cardiovasculaires.
Le stress au travail repose sur un déséquilibre entre la « demande psychologique » qui est associée à la réalisation des tâches (quantité, complexité, contraintes dans le temps, etc.) et la « latitude décisionnelle » dont l’autonomie, la participation aux décisions, l’utilisation des compétences du salarié. L’association d’une forte demande psychologique et d’une faible latitude décisionnelle (ou job strain) représente un risque pour la santé physique et psychique.
Au-delà du stress, dans cette étude, la crainte de perdre son emploi est, elle-aussi associée directement au risque de maladies cardio-vasculaires comme l'hypertension artérielle, augmentation du cholestérol et l'excès de poids mais, en revanche n’est pas associée aux crises cardiaques, accidents vasculaires cérébraux ou à la nécessité de procédures cardiaques invasives ou encore au décès d'origine cardiovasculaire, selon les chercheurs.
«Notre étude indique qu'il existe à la fois des effets immédiats et de long terme cliniquement documentés du stress au travail chez les femmes sur la santé cardiovasculaire», explique le Dr. Michelle A. Albert, auteur principal et médecin associé au Brigham and Women's Hospital (Boston). "Le travail peut agir de manières positive et négative sur la santé, il est donc important de prêter attention aux contraintes professionnelles dans le cadre d’un bilan global de santé."
Les chercheurs ont analysé le stress au travail chez 17.415 femmes en bonne santé qui ont participé à l'étude Women's Health Study. Ces femmes étaient principalement de race blanche, professionnelles de santé, âgées en moyenne de 57 ans. Des données sur leurs facteurs de risque de maladies cardiaques, sur leur stress au travail et l’insécurité de leur emploi ont été recueillies. Ces participantes ont été suivies pendant plus de 10 ans afin d’étudier le développement des maladies cardiovasculaires. Les chercheurs ont utilisé un questionnaire standard pour évaluer le stress au travail et l’insécurité de l'emploi avec des propositions du type : «Mon travail exige de travailler très vite », « Mon travail exige de travailler très dur »…
Une augmentation du risque de 40 % a été identifiée pour les femmes qui déclarent un stress élevé au travail, notamment pour les crises cardiaques, AVC, pontage coronarien ou angioplastie par ballonnet et…pour le risque de décès. Le risque accru de crise cardiaque atteint 88 %, tandis que le risque de pontage ou de procédure invasive atteint 43%.
Selon l’enquête de la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, 22,3 % des salariés européens souffrent de problèmes de santé liés au stress d’origine professionnelle.
Une étude de mars dernier, menée par le Centre de recherche de l'Institut de cardiologie de Montréal (ICM) et au Département de psychiatrie de l'Université de Montréal (UdeM), avait démontré qu’hommes et femmes gèrent leur stress différemment. Les femmes qui ont une attitude défensive plus marquée en cas de stress présentaient également un risque cardiovasculaire plus important.
"Du point de vue de la Santé publique, il est crucial pour les employeurs, les employés, ainsi que pour les institutions de santé au travail, de surveiller le stress au travail perçu par salarié et de lancer des programmes pour atténuer ce stress afin d’optimiser la prévention des maladies cardiaques », conclut l’auteur.
Sources : Circulation: Journal of the American Heart Association « Women with high job strain have 40 percent increased risk of heart disease », traduction, mise en ligne Claire Tancrède, Santé log, le 15 novembre 2010 (Visuels INRS)


